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Les webséries, futur de l’audiovisuel ?

L’avenir de l’audiovisuel passe aujourd’hui par le net ! Oubliez les bouquets satellites, les films à rallonge, les saisons de séries interminables… Place dorénavant à une forme plus courte et directe : la websérie.

Dynamiques, rythmées, transgressives, les webséries ont le vent en poupe et (dé)collent. Devenues depuis peu un genre à part entière, les webséries notamment françaises créent l’engouement et parviennent à dénicher de nouveaux publics. Créatives, libertaires, audacieuses, elles séduisent de part les sujets qu’elles évoquent et de par l’esprit de (r)évolution qu’elles impliquent en manière de consommer des vidéos. Et si les grandes chaînes télévisées s’y intéressent de plus en plus pour dénicher talents et créativité, ce sont les marques qui parviennent le mieux à tirer davantage profit de ce nouveau modèle de création et de diffusion.

Des webséries pour les 15-25 ans 

Les webséries sont souvent l’oeuvre de jeunes passionnés, de moins de 30 ans, qui maîtrisent à la fois les codes mais aussi les technologies nécessaires. Aujourd’hui, il est possible, même avec son smartphone, de tourner des vidéos en grande qualité pour une modeste somme. Les programmes de montage, d’effets spéciaux, sont devenus également plus accessibles, grâce notamment au web. Les auteurs/réalisateurs sont alors autodidactes, se formant eux-mêmes ou en équipe. Chacun d’eux n’hésitent pas à partager compétences et conseils utiles pour produire le meilleur produit possible pour un public entre 15 et 25 ans.

Merci Youtube, Vimeo et Dailymotion !

L’aventure n’aurait pas pu décoller puis continuer si des sites de partage de vidéos disponibles en permanence n’avaient pas vu le jour. La websérie est alors une affaire de “culture geeks”. Parmis les pionniers, notons “Noob”, de jeunes amateurs qui souhaitent partager leur passion des jeux vidéo et des mangas. Disposant des mêmes codes qu’une série TV (pré générique catchy, gestion du suspens…), les webséries utilisent une plateforme d’hébergement sociable type Youtube, Dailymotion pour partager leurs contenus. Le but : regarder, liker puis passer à la vidéo suivante. C’est aussi simple que cela. Avec des épisodes qui durent en moyenne 10 minutes, les webséries captent l’attention des spectateurs rapidement et efficacement. Elles savent que leur audience se situent dans les transports en commun, lors d’une pause de quelques minutes au travail…

Le genre de la websérie n’est pas une nouveauté !

Ce type de format n’est, en réalité, pas si novateur. Nous parlions déjà de shortcom (un sitcom en taille short) avec notamment des séries comme 1 Gars 1 FilleKaamelott ou encore la célèbre série Bref, qui fait beaucoupp parler d’elle depuis deux-trois ans maintenant en reprenant les codes de la websérie. Mais attention, il faut bien différencier les séries qui sont diffusées sur Netflix ou des services de télévision par internet car elles ne sont pas des webséries. Ce sont simplement des séries télé diffusées sur un service internet. Avec des dialogues plus directs, des caméras en plan fixe, la websérie redéfinie les méthodes pour filmer et monter la vidéo… Nous pouvons éventuellement parler de « télévision alternative », mais il ne faut pas aller loin que cela.

Un modèle économique encore incertain…

Malgré tout, la question que nous pouvons nous poser est : quel est le modèle économique de ce nouveau genre ? Encore aujourd’hui, le modèle économique reste incertain. Les webséries trouveront un modèle économique lorsque les chaînes de télévision, les opérateurs proposeront des canaux exclusivement réservés à ces productions. Le modèle freemium est, jusqu’à présent, celui le plus utilisé mais jusqu’à quand ? Certains y voient malgré tout une opportunité stratégique pour pouvoir, à moindres frais, entretenir, développer et soutenir la création de jeunes talents tandis que d’autres imaginent déjà pouvoir orchestrer des contenus subventionnés.

… et des échecs difficiles à digérer !

Mais attention, ce modèle de vidéo n’est pas un modèle filmique qui convient à tous. Des grandes chaînes comme Canal ou Arte s’étaient lancées dans l’aventure des webséries, l’échec avait été cuisant. Il faut bien s’imaginer qu’une websérie est souvent une contre programmation de la télévision. Les jeunes auteurs qui ont su prendre en main ce média ne se retrouvent pas forcément dans le modèle de la télévision et ont eux-mêmes envie de raconter leurs propres histoires, qui peuvent être plus ou moins violentes, en lien avec l’actualité. Ils ne s’interdisent aucun sujet. En France, il est question de nombreuses productions en province, dans des petites villes comme Nantes ou Montpellier… si loin de Paris et des grandes chaînes de télévision. Toute une génération ne regardent plus la télévision, mais des écrans tactiles comme l’ordinateur, la tablette, le téléphone portable. Certains grands groupes comme TF1 ou Canal Plus investissement cependant beaucoup sur ce format, appelé aussi « contenu mobile ». Un marché est alors à prendre, mais sous réserve de correspondre et répondre aux demandes des jeunes consommateurs.

Les entreprises utilisent les webséries pour faire du brand content et ça marche !

Contre toute attente, ce sont les marques qui peuvent le mieux tirer leur épingle du jeu. Les entreprises utilisent en effet la méthode du « brand content » pour communiquer des contenus produits plus ou moins directement par une marque dans une logique de « marketing de contenus ». BNP Paribas Real Estate, une filiale immobilière du groupe bancaire, a lancé en 2016 une websérie dont l’objectif était de délivrer des conseils pratiques aux jeunes diplômés en recherche d’emploi. L’entreprise souhaitait toucher les jeunes avec des courtes vidéos en misant sur l’humour et la pédagogie. La première saison “Premier job : mode d’emploi”, a été vue plus de 150 000 fois sur YouTube et Facebook, donnant envie à BNP Paribas Real Estate de retenter l’expérience avec une saison 2. Nous y retrouvons Thomas, 23 ans, jeune diplômé, souriant et maladroit qui rappelle les codes du marché du travail. Lancée en avant première à ses 200 stagiaires et apprentis seulement sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, YouTube, Snapchat et un site internet), la websérie comptabilise déjà plus de 200 000 vues.

Les webséries n’ont donc pas terminé de faire parler d’elles, autant sur le fond que sur la forme. Ce nouveau moyen de création et de diffusion est idéal pour discuter voire débattre de sujet que certains médias évitent. La théorie du Y, entièrement disponible sur YouTube, évoquait le sujet de la bisexualité tandis qu’Extranostro, actuellement en crowdfunding, est une future websérie dédiée à l’Afro Queer. Ecrivain public, une fiction québécoise, a décidé de filmer le quotidien des classes populaires. Ces sujets, filmés de manière réaliste, séduisent les Millennials tant ce sont des sujets que leurs font échos. Aujourd’hui soutenues par les réseaux sociaux qui se présentent comme de véritables “éditeurs de contenus”, les webséries ont un bel avenir devant elles. Affaire à suivre…

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