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Les géants du numérique face à la crise coronavirus

En l’espace de quelques semaines, la crise sanitaire due au Covid-19 a réussi à paralyser l’économie productive mondiale affectant de surcroît le monde financier en enregistrant un tout nouveau krach boursier.

Cette crise touche durement de nombreux des secteurs de l’économie, celui de la tech/divertissement notamment. Mobile World Congress, Game Developers Conference, Google I/O, F8 de Facebook, Apple Worldwide Developers Conference ou encore l’E3; l’ensemble des grands rendez-vous de l’industrie ont été repoussés ou convertis au format vidéo-conférence suite aux directives des états relatives à l’épidémie.

Des pertes boursières colossales

Rappelons que le 19 février dernier était marqué par des performances historiques en bourse pour les géants de la tech: Alphabet (maison mère de Google), Apple, Amazon et Microsoft tous les quatre au-dessus des 1 000 milliards de dollars de valorisation boursière. Aujourd’hui la situation est toute autre : les États-Unis sont heurtés de plein fouet par la crise du Covid-19. Ainsi la valorisation boursière de Microsoft a chuté de 1 320 à 1 100 milliards de dollars, de même que Google qui passe de 1 510 à 1 100 milliards de dollars en un mois.

L’entreprise Apple quant à elle a vu sa valorisation boursière passer de 1 312 milliards à 1 050 milliards de dollars en l’espace d’un mois. L’entreprise à la pomme avait été l’une des premières à ressentir les effets liés au virus, ses produits étant assemblés en Chine. Foxconn son sous-traitant taïwanais avait été contraint de fermer des usines pendant plusieurs semaines, engendrant un affaiblissement des stocks et un retard dans les livraisons. Autre coup dur pour Apple: la fermeture de ses points de ventes. Bien que les Apple Store chinois ré-ouvrent progressivement, l’ensemble des boutiques à travers le monde restent closes pour l’instant. La vente en ligne reste le principal moyen pour la firme de sortir la tête de l’eau, bien que le nombre d’iPhone par commande est maintenant limité à deux aux États-Unis par exemple.

Les cas Google et Facebook

Pour d’autres comme Google ou Facebook, les problèmes liés à la production ou la livraison n’ont pas d’incidence, mais leur modèle économique basé principalement sur la publicité est lui aussi mis à mal. Le contexte de crise ayant une répercussion directe sur les budgets alloués à la communication et au marketing. Le temps passé sur ces deux services explose mais les deux géants de la publicité peinent à monétiser cet important flux. Google fait face aux effets de la crise dans le secteur touristique qui représente 10 à 15 % de ses revenus publicitaires. Facebook quant à lui, a annoncé dans un communiqué mardi 24 mars que le volume de messages sur Facebook avait plus que doublé en un mois et qu’il était donc compliqué de tirer un profit de cette situation de crise, le mot d’ordre étant le maintien stable des services proposés par Facebook. Le réseau social doit en effet fait face à une pression accrue sur ses serveurs, gérer l’ensemble de ses équipes techniques à distance dans le but  d’assurer le bon fonctionnement du site et la modération du contenu véhiculé dessus en cette période de grande influence.

Afin de contrer les effets néfastes que pourrait engendrer cette crise sanitaire, la Banque Centrale Européenne a lancé le 19 mars son plan d’urgence afin de sauver l’économie européenne et les budgets des états membres. Rassurées par l’interventionnisme des institutions européennes face à cette crise, les bourses ont repris quelques points bien qu’un bilan ne pourra être établi qu’à la fin de la crise toujours en cours. La Réserve fédérale, banque centrale américaine a elle aussi annoncé des mesures historiques pour tenter d’enrayer les effets de la crise sanitaire fin mars. Toutefois, ces mesures n’ont pas eu l’effet escompté et n’ont que partiellement rassuré les investisseurs.

Des entreprises inégales face à la crise

Pour Amazon la situation est un peu différente. Certes, l’entreprise doit également faire face à des difficultés liées au virus : son cours de l’action a  lui aussi baissé considérablement sur la même période. La contamination d’un employé a mené à la fermeture d’un entrepôt à New York. Amazon doit également faire face à de vives contestations notamment au sujet des conditions de travails de ses salariés en temps de crise, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a dénoncé ce jeudi 19 mars les pressions « inacceptables » de la firme sur ses salariés français en pleine pandémie.

Le cours de la bourse d’Amazon connaît toutefois un regain depuis mi-mars. L’entreprise mondiale de vente à distance tirant profit de la vague de confinement qui touche de nombreux pays. En effet, le modèle économique de la firme paraît adapté pour les investisseurs face aux stratégies de confinement mise en place à travers le monde. Le consommateur actif est contraint de rester chez lui, devenant consommateur passif et privilégiant la vente à distance et les services de multimédia à la demande, répondant exactement à l’offre Prime.

Netflix sort gagnant

C’est bien l’entreprise Netflix qui semble profiter le plus des retombés de cette crise. Étant basée sur un modèle de société « stay at home » en proposant un service principalement conçu pour un usage à domicile (bien que exportable en extérieur via les TIC), on comprend aisément que la crise sanitaire actuelle et les mesures de confinement ne semblent pas faire d’ombre à ce modèle contrairement aux entreprises citées précédemment.  Au contraire, la situation semble même encourager de nouveaux consommateurs à souscrire à cette offre, s’ajoute à cela le modèle d’abonnement qui assurent un revenus mensuel et rassure les investisseurs. Ainsi Netflix qui avait seulement connu une baisse au moment des chutes généralisées de Wall Street la semaine du 9 mars a quasiment retrouvé le niveau connu avant la crise. Du côté des médias un peu plus linéaire en France Canal+ offre la mise en clair de sa chaîne et plus d’avantages à ses abonnés, généreuse mesure qui ne durera au final que deux semaines, le CSA appelé par M6 et TF1 à écourter cette mesure. Une action mise en place en signe de solidarité mais probablement aussi pour conserver ou acquérir de nouveaux abonnés.

Les situations que connaissent les entreprises de la tech en cette période de crise sont donc multiples, certaines parviennent à tirer profit de cet événement tandis que d’autres le subissent. Il apparaît donc que la santé d’une entreprise dépende en grande partie du modèle économique choisi et malgré un service toujours disponible en temps de crise, les nouvelles habitudes de consommation engendrées par le confinement semblent affecter les grandes entreprises du multimédia et leur activité.

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