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L’autorité régulatrice d’Internet en pleine turbulence ?

L’Icann, l’autorité internationale qui gère l’attribution des noms de domaine sur Internet, est-elle sur le point d’être rattrapée par les intérêts des grandes entreprises privées ? Plusieurs polémiques récentes permettent en tout cas de se poser la question.

Début février, l’Icann annonçait avoir signé un nouvel accord avec « Verisign », une société privée qui gère le registre officiel des domaines en « .com » et « .net ». Un signal d’alarme pour la communauté d’Internet qui accuse l’autorité américaine de faire augmenter déraisonnablement le prix des noms de domaine, et d’être de plus en plus opaque dans ses processus de négociation.

L' »Internet Corporation for Assigned Names and Numbers » (Société pour l’attribution des noms de domaine et des numéros sur Internet), met en avant son côté international avec une planète, une manière de rappeler qu’elle a un rôle prédominant dans la gouvernance d’Internet au niveau mondial.

L’Icann, organisation à but non lucratif, à l’origine de l’attribution des noms de domaine sur Internet

Créée dans les années 70 aux États-Unis, l’organisation à but non lucratif, voit le jour à l’initiative de l’administration Clinton. L’objectif est alors de reprendre en main l’attribution des noms de domaine, jusque là gérée par une seule personne : un informaticien travaillant dans une université californienne.

L’Icann se donne ainsi la mission de confier à des « sociétés de registre », des associations ou des entreprises, le soin de gérer une extension : le « .com » ou le « .org » par exemple. Aux sites web ensuite de réserver à ces sociétés une adresse Internet avec l’une de ses extensions. Le rôle de l’Icann est donc primordial, puisqu’elle influence en particulier les tarifs mis en place ensuite par les sociétés de registre.

Selon Presse Citron, cet accord avec l’entreprise « Verisign » pourrait faire augmenter considérablement les tarifs de noms de domaine en « .com ». Une augmentation qui pourrait ensuite se répercuter sur l’ensemble des tarifs des noms de domaines vendus, à hauteur de 7% par an dans les quatre prochaines années.

L’Icann, « gouvernement d’Internet » sous influence ?

Des reproches qui font suite à la polémique au centre de laquelle s’était retrouvée l’Icann il y a quelques mois, lorsqu’elle avait émis la possibilité d’attribuer l’extension « .org » à une entreprise privée. Des organisations non gouvernementales s’étaient insurgées, craignant que les frais d’hébergement n’augmentent de façon exponentielle. Sans compter que cela faisait suite à l’annonce de la fin du plafonnement des tarifs de domaines « .org ».

De plus en plus de voix s’élèvent ainsi et remettent en cause la transparence et l’indépendance de l’Icann. L’organisation à but non lucratif revendique pourtant depuis sa création une transparence et une « gouvernance décentralisée [qui] place les individus, les industries, les organisations non commerciales et les gouvernements sur un [même] pied d’égalité », comme se décrit l’Icann elle-même sur son site Internet.

Des intérêts qui peuvent toutefois apparaître très contradictoires voire incompatibles. Au sein de ce « modèle multipartite« , quand certains auraient à cœur de préserver un modèle ouvert, d’autres avanceraient à l’inverse main dans la main avec de grands groupes privés.

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