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La fin de l’ordinateur personnel

L’ordinateur familial, le PC fixe du travail, le PC de jeu de l’adolescent : près de 4 ménages français sur 5 sont équipés d’un ordinateur. Mais l’arrivée de la 5G et le lancement de services de Cloud Computing de plus en plus performants risquent de changer notre rapport à l’informatique, quitte à rendre obsolètes nos machines actuelles.  

Un regard en arrière

À l’heure actuelle, le marché de l’informatique reste profondément basé sur le hardware; l’achat de matériel. Pour un besoin donné, on achète un ordinateur personnel équipé en conséquence, ordinateur voué à devenir obsolète et remplacé au mieux 3 ou 4 années plus tard, le tout pour un coût écologique considérable. Ce paradigme a été instauré à la fin des années 1970, notamment suite à la démocratisation d’appareils grand public comme l’Apple II en 1977 ou le Zx Spectrum en 1982. Ces appareils ont popularisé l’idée d’un ordinateur aux dimensions réduites, utilisé par un seul utilisateur ou tout du moins un nombre réduit d’entre eux.

Cela peut paraître absolument évident aujourd’hui, mais à l’époque, cela rentrait en opposition avec le concept d’une unité centrale unique effectuant des calculs pour une multitude de terminaux, à l’échelle d’une entreprise par exemple. Dans ce cas de figure, tous les salariés possédaient donc un moniteur et de quoi écrire des lignes de code, mais il n’y avait qu’un seul ordinateur effectuant les calculs, la fameuse unité centrale, ou mainframe.

Ce concept paraît désormais totalement désuet à l’heure où chacun possède sa propre machine. Pourtant, il est en train d’effectuer une forme de come-back grâce aux progrès des infrastructures (de?) réseaux mondiales et à la numérisation croissante des usages de l’informatique, sous le nom de Cloud Computing.

Le Cloud Computing : incontournable en entreprise

Si le Cloud Computing est une pratique actuelle/courante dans le cadre professionnel, celui-ci représentant d’ores et déjà un marché mondiale de près de 180 milliards de dollars, il paraît toujours très abstrait pour le grand public dont l’usage du Cloud est plus limité. Évidemment, le terme de Cloud renvoie pour beaucoup à la pratique de stockage de fichiers en ligne, éventuellement pour pouvoir dans le but de les partager par la suite. Au rang des services désormais populaires, on retrouve Dropbox, lancé en 2008, iCloud en 2011 ou encore Google Drive en 2012. Toutefois, le Cloud Computing est loin de se cantonner au stockage en ligne : il désigne un partage des ressources informatiques au sein d’un réseau, qu’il s’agisse de stockage, de puissance de calcul, de serveurs, de bases de données entre autres. En somme, il s’agit de déporter ses ressources informatiques. On ne possède pas physiquement les serveurs de son entreprise, mais on les loue à un tiers qui se charge de leur maintenance et autres mises à jour.

Cette pratique permet aux entreprises de drastiquement baisser leurs coûts, mais également de simplifier le déploiement/la mise en ligne (répétition de « déploiement ») de sites et autres applications, la question du déploiement physique de serveurs ne se posant plus. Mieux : si les besoins d’une entreprises en puissance de calcul se révèlent plus élevés que prévus, nul besoin d’aller acheter des centaines de serveurs supplémentaires, on choisit une formule d’abonnement mieux adaptée chez son prestataire, et voilà, tout est réglé.

Le Cloud Computing, c’est donc la promesse d’une informatique sans friction, sans nécessité d’entretenir ou de renouveler son matériel et sans réelle contrainte de puissance de calcul.

La plateforme leader du Cloud Computing : Amazon web services (crédits impact-hardware.com)

Aux rangs des acteurs proposant de telles solutions, les GAFAM sont incontournables. Amazon Web Service concentre 32% du marché mondial du Cloud Computing en 2019, talonné par Microsoft Azure et ses 17% de parts de marché, Google étant plus à la peine, sa plateforme Google Cloud représentant 6% du marché mondial.

Si le concept du Cloud Computing est déjà si répandu pour les entreprises, cette idée de « dématérialisation » de l’informatique semble toujours bien étrangère au grand public. On peut expliquer cet état de fait par l’existence de contraintes techniques toujours omniprésentes, mais sur le point d’être en partie dépassées.

Des contraintes de débit et de latence

Le problème majeur dans le fait d’accéder à un ordinateur dans le Cloud, c’est la nécessité de bénéficier d’un débit et d’une latence suffisante pour égaler, ou tout du moins se rapprocher, de l’expérience que l’on a en utilisant son ordinateur personnel.

Pour cela, le « haut débit », souvent employé pour parler de connexion ADSL, ne suffit pas, son débit et son temps de latence (Ping) ne s’y prêtant pas. Si la Fibre Optique est le meilleur moyen d’accéder à une machine dans le Cloud, cette technologie reste limitée à environ 12,5% de la population française, la faute à un déploiement contraignant pour les opérateurs. On peut se poser la question de la pertinence de l’actuel réseau 4G pour cet usage. Le problème de la 4G est que, si ses débits sont suffisants pour l’expérience, les temps de latence qu’elle propose sont trop élevés pour utiliser confortablement une machine à distance. De ce fait, l’accès à une connexion Internet suffisante pour le Cloud Computing est aujourd’hui très restreint en France. Toutefois, cette situation est amenée à changer, à la fois par le déploiement croissant de la Fibre Optique, mais également par l’arrivée de la 5G.

En plus de débits améliorés, la 5G a pour objectif d’améliorer la stabilité du réseau, de réduire sa consommation énergétique, et surtout de drastiquement réduire le temps de latence de la transmission de données. Ces évolutions sont importantes : en plus de permettre de nouveaux usages que l’on entrevoit à peine aujourd’hui, comme effectuer une opération chirurgicale à distance, la stabilité et la réduction du ping permettent d’envisager un avenir où le Cloud Computing deviendrait pertinent pour le grand public/accessible au grand public.

Le Cloud Gaming : supprimer les contraintes matérielles

Un premier domaine où le Cloud Computing a d’ores et déjà pris des allures importantes, c’est le Gaming. Pour lancer un jeu vidéo aujourd’hui, il faut soit posséder une console de jeu, soit un ordinateur suffisamment puissant pour le faire fonctionner. Ces deux options impliquent un certain coût pour se procurer le dit matériel.

La plateforme de Cloud gaming de Google, Stadia (crédit : play-experience.com)

Une alternative commençant à se faire un nom/qui commence à se démocratiser est d’utiliser un service de jeu vidéo en streaming. Dès 2017, était apparu Shadow, un service français visant principalement les gamers et proposant un PC sous Windows complet dans le Cloud, le tout disponible sur abonnement. On aperçoit donc un marché très prometteur: la start-up française est déjà installée dans la Silicon Valley depuis 2018 et cherche désormais à s’implanter sur le marché asiatique avec un partenariat passé avec la société sud-coréenne LG Electronics en mars 2020.

Dès lors, de nombreux services de Cloud Gaming ont vu le jour. On retrouve par exemple Google, qui a lancé Stadia, une sorte de console disponible dans le Cloud pour 9,99€ par mois auquel s’ajoute le prix des jeux. On peut également citer Microsoft et son projet xCloud, un service actuellement en phase de test permettant de jouer à une sélection de jeux Xbox en ligne, ou encore son équivalent disponible chez Sony, le Playstation Now.

Grâce à ces services, plus besoin de console: ceux sont les serveurs de ces entreprises qui font fonctionner les jeux et renvoient l’image vers votre téléviseur, smartphone ou tablette. Ainsi on s’affranchit des contraintes matérielles pour jouer à un jeu vidéo. Il est possible à présent de jouer sur n’importe quel appareil, sans contrainte de puissance de calcul, le tout en bénéficiant constamment d’un affiche en haute résolution, sans besoin de renouveler régulièrement son matériel.

Vers une informatique de l’accès ? 

Ces services vont devenir de plus en plus intéressants à mesure que les infrastructures des réseaux se renforceront. À terme, on risque de s’interroger sur la pertinence qu’il y aura, dans quelques années (a terme = dans quelques années) d’investir dans un ordinateur à plusieurs milliers d’euros.

En effet,  avec des offres comme Shadow, on bénéficie d’une machine suréquipée pour quelques euros par mois, accessible depuis n’importe quel périphérique ou presque. À partir de là, si ma couverture réseau le permet, pourquoi investir dans une machine coûteuse et vouée à être obsolète dans quelques années ? Si la question ne se pose pas encore, l’usage du Cloud Computing va sembler de plus en plus séduisant au fil des années. S’il faudra toujours posséder des périphériques d’affichage et d’accès à internet pour accéder au Cloud, ceux-ci n’auront plus besoin d’être doté d’une forte puissance de calcul. On peut imaginer une lente dérive du marché vers des appareils comme les Chromebooks, des machines peu coûteuses avec un Operating System (OS) simplifié, durables et destinées aux usages du Web. Bref, l’avenir semble au Cloud.

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