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La Chine, leader du mobile en Afrique ?

L’économie numérique africaine est un sujet complexe souvent très éloignée des réalités conjoncturelles des pays occidentaux. Si du côté du marché des transactions financières en ligne les comportements d’achats et marchés locaux traditionnels se sont assez facilement adaptés aux technologies innovantes de mobile payment (la technologie M-Pesa, la solution Orange Money…), sur le plan du marché des terminaux, où la Chine arrive à dominer ses concurrents américains, le cadre est encore différent. Explications.

D’après une étude du cabinet Deloitte plus de 660 millions d’africains devraient être équipés d’un smartphone en 2020, un contexte qui ne devrait qu’accentuer la multiplication des usages déjà très divers. D’après le groupe GSM Association l’accès à la téléphonie mobile va de manière générale s’accroitre avec un taux de pénétration à 55%, un phénomène réalisable grâce à un taux d’inflation faible qui entraine de facto une baisse des prix des équipements et des abonnements bien que les données mobiles soient encore chères sur place : alors qu’il peut dépasser les 30 euros en Guinée équatoriale, le prix médian d’un giga de données mobile dépasse les 7 dollars autrement dit l’équivalent de 6 euros. Dans le même temps, la diffusion de ces terminaux sur le continent dessine progressivement l’ouverture des marchés d’applications natives aux populations subsahariennes jusqu’ici très majoritairement exclues de ces commerces. De la même manière, même si la concurrence africaine est globalement en retard sur le développement de technologies de médias et télécommunications, elle perce progressivement dans certaines industries créatives comme celle de la musique où la start-up Baziks Pulse en République Dominicaine du Congo ose concurrencer Apple Music et Spotify, les géants du secteur.

 WeChat, Huawei et Xiaomi percent le continent

Au vu de ce contexte, trois acteurs chinois ont pleinement réussi à s’affirmer. Ils illustrent l’entrain avec lequel le pays le plus peuplé du monde veut devenir le leader du marché du continent. Si WeChat, Huawei et Xiaomi ont dompté facilement ce marché, c’est d’abord grâce à la façon dont ils ont su adapter leurs produits aux besoins des populations locales.

Lancé en Afrique en 2013 par le leader des télécoms chinois Trencent et ses 34% d’actions de la plateforme d’e-commerce et du groupe média sud-africain Naspers, WeChat Afrique doit faire face à Whatsapp racheté en 2014 par Facebook, déjà bien implanté sur le continent. En proposant à ses utilisateurs une interface qui intègre à la fois un fil d’actualité des publications, un service de messageries, de transferts d’argent mobile, ainsi que les programmes de Naspers l’application séduit très rapidement 5 millions d’africains. Huawei et Xiaomi, deux autres géants des télécoms proposent de leurs côtés des smartphones polyvalents à prix coûtant dont les logiques de rentabilisation s’opèrent sur une intégration stratégique avec le store de Google pour le premier ou sur la vente d’applications de services et de jeux « maison » pour le second.

 

© mon-viti.com

Plus inédit, Tecno firme de la manufacture de téléphones mobiles Transsion Holdings inconnu jusqu’à récemment des chinois eux-mêmes, se tourne vers les possibilités qu’offre le marché africain en 2016 en proposant des smartphones « tout terrain » aux promesses techniques époustouflantes, comme des appareils photos qui vont jusqu’à 24 mégas pixels. Résultats des courses, Techno arrive en peu de temps à devenir le premier vendeur de téléphones mobiles en Afrique en proposant des produits conforme au pouvoir d’achat des consommateurs : autrement dit en vendant des produits low-costs, solides et durables. Une approche commerciale que certaines startups locales (en Egypte, en Guinée ou encore au Rwanda) ou opérateurs (MTN Telecom) essaient, désormais avec beaucoup de difficultés, de concurrencer.

 

 

Un bastion politique ?

Si la Chine a réussi à se faire une place dans le marché des terminaux mobiles, elle ne reste pas moins attentive aux besoins de financement d’autres segments des marchés de télécommunications, et d’infrastructures réseaux notamment, mais aussi à des secteurs parallèles stratégiques qui font sens à son leadership sur ces marchés (les réseaux routiers, ports…) et qui ne peuvent que transformer à terme les territoires où elle est le mieux implantés, notamment l’Afrique de l’Est (Djibouti, Somalie, Kenya…) en véritable bastion économique. Plus inquiétant encore, elle pourrait, pour face à la rude concurrence qui fait suite aux nouvelles vagues de technologies qui dessinent le marché des TIC des prochaines années (iOT, IA, smartcities…), exploiter au maximum les populations locales à des fins d’expérimentations techniques pour améliorer ses propres solutions. C’est en tous cas l’esprit de l’accord d’échange entre l’État du Zimbabwe et la startup CloudWalk Technology qui partage, en échange des informations biométriques des citoyens zimbabwéens pour améliorer ses solutions de reconnaissance faciale sur des visages tipés, son expertise en matière de surveillance et de sécurité au gouvernement du pays. Des initiatives un peu plus électriques qui préparent peut-être l’avenir de l’Afrique connectée de demain.

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