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Jeux vidéos : un remède au confinement ?

A l’heure de la distanciation sociale et du confinement, les industries numériques rencontrent un succès indéniable, répondant au besoin d’occupations de tous et toutes. Plus précisément, c’est le jeu vidéo, qui fêtait ses 60 ans en 2019, qui connaît une augmentation massive de ses ventes et de sa consommation. Un phénomène qui pose alors question : que peuvent apporter les jeux vidéo pendant une telle période ?

Des ventes en forte hausse

Le nombre d’achats de jeux vidéo – matériels ou dématérialisés – a explosé depuis le début du confinement. Comme l’a montré Foxintelligence, les ventes auraient augmenté de 265% en France, sur la période du 16 au 22 mars. Le 17 mars, qui marquait le début officiel du confinement en France, a d’ailleurs été le jour le plus lucratif de cette période.

En raison de la fermeture des enseignes spécialisées, l’achat de jeux dématérialisés connaît une très forte augmentation. L’étude met en avant une hausse de 52,9% sur la période du 16 au 22 mars, à l’échelle mondiale. En France, sur cette période, le téléchargement de jeux a augmenté de 180%. Les services de cloud gaming voient également leurs connexions augmenter : la plateforme française Shadow note ainsi une augmentation quotidienne de 75%.

Une activité aux nombreux bénéfices

Certains jeux permettent de faire de l’exercice chez soi : ce sont les exergame tels que Just Dance, Wii Fit ou encore Ring Fit Adventure. Ce dernier a d’ailleurs s’est d’ailleurs vu en rupture de stock dès le début du confinement. Les modes proposés permettent de faire de l’exercice de diverses façons : au total, le jeu propose 40 exercices différents, pour tous les niveaux. Le jeu vidéo peut donc, paradoxalement, participer à maintenir une activité physique minimale.

Diverses études ont également démontré les bénéfices psychologiques que peuvent apporter les jeux vidéo, contrairement aux idées reçues. La pratique du jeu vidéo pourrait notamment permettre de lutter contre l’anxiété et d’oublier une situation de stress face à laquelle se trouve le joueur. Une étude réalisée sur Tetris, en 2010, a permis de mettre en lumière les bénéfices que peut apporter cette pratique, en bloquant la résurgence de souvenirs traumatiques et en devenant une façon, pour le joueur, de reprendre le contrôle sur ce qui lui arrive. Certains rescapés de l’attaque du Bataclan y ont alors trouvé une échappatoire cathartique, en complément d’un accompagnement médical.

Cependant, si Yann Leroux, membre de l’Observatoire des Mondes Numériques en Sciences Humaines, explique que les jeux vidéo sont un « espace rêvé » et constituent plutôt des « solutions imaginaires que des problèmes », l’Organisation Mondiale de la Santé a reconnu, en juin 2018, l’addiction aux jeux vidéo comme une maladie mentale. Elle s’est pourtant associée, dès le 28 mars, à de grands noms du jeu vidéo – Activision/Blizzard ou Riot – pour lancer la campagne « Play Apart Together ». L’objectif de cette campagne est de pousser à respecter le confinement tout en luttant contre l’isolement en encourageant à « Jouer séparément ensemble ». Deux messages qui ne sont pas contradictoires puisque l’OMS conseille de jouer avec mesure et en privilégiant, si possible, les exergame. Le jeu vidéo semble donc en bonne voie de devenir un moyen de sociabilisation privilégié entre les joueurs : qu’il s’agisse de (re)créer des liens entre les membres d’un même foyer ou bien de se connecter à ses proches à distance, en ligne.

Le phénomène Animal Crossing 

Le 20 mars dernier, quelques jours après le début du confinement en France, sortait le très attendu Animal Crossing : New Horizons. Un jeu, lui aussi, acheté en masse par les joueurs. Dans ce jeu de simulation de vie, le joueur doit développer, gérer et aménager son île comme il le souhaite. Les occupations y sont relativement relaxantes : pêcher, cueillir, jardiner, discuter avec ses voisins… Pas de but ni d’objectifs précis, pas de possibilité de mourir, pas de compétition. Un monde alternatif, apaisé et sans danger, où le temps et les saisons s’écoulent d’ailleurs à vitesse réelle, incitant donc à prendre son temps et à savourer le jeu. Mélanie Christin (PDG du studio de jeux vidéo Atelier 801) expliquait au Figaro : « Animal Crossing incarne ce que les Anglais appellent le « pottering », soit l’art de s’occuper de manière plaisante en faisant des petites choses à son rythme ». Un social simulation game qui arrive donc à point, en permettant au joueur d’y retrouver ses amis et d’organiser des événements, malgré le confinement. Phénomène rare qu’il convient de noter : ce jeu séduit un public parfaitement paritaire, selon les données marketing de Nintendo.

Le jeu a même permis à des manifestants hongkongais prodémocratie de continuer à manifester, en recréant des îles dédiées où ils sont invités à se réunir, en se revêtant de noir. En France, des joueurs « Gilets Jaunes » ont appelé à une cyber manifestation contre la politique d’Emmanuel Macron. La possibilité de créer des vêtements ou objets de décoration personnalisés et de les mettre à disposition de tous favorise ce type d’actions. Animal Crossing a également permis à Léo Tessier, médiateur scientifique du Muséum d’Histoire Naturelle d’Angers d’organiser des visites virtuelles du musée, recréé, pour l’occasion, dans le jeu. Une manière originale de partager des anecdotes éducatives à propos de fossiles ou autres insectes.

Les jeux vidéo peuvent donc être source de nombreux bénéfices, aussi bien physiques que psychologiques, nécessaires en cette période particulière…

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