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Huawei, vers un téléphone « Google-free » ?

Un téléphone Huawei sous Android et sans Google, est-ce possible ? Bien qu’effrayante lors de son annonce, cette formule bien ambitieuse est au cœur de la nouvelle stratégie de Huawei. La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, qui dure depuis deux ans, pourrait se montrer propice à diverses innovations profitant aux consommateurs et acteurs du numérique.

Prise dans la tourmente sino-américaine, Huawei fait l’objet d’un embargo américain depuis mai 2019, considéré comme un indésirable et accusé d’espionnage par Washington. C’est alors 263 fournisseurs américains dont 33 stratégiques qui ne peuvent plus participer à la chaîne de fabrication du géant Huawei. Néanmoins pour qu’une entreprise américaine puisse travailler avec une entreprise sur liste noire, elle doit obtenir des dérogations spéciales qui ont toujours été refusé à Google. La marque chinoise se voit donc interdire l’accès aux Services Google (Gmail, Maps, PlayStore,…) pour ses appareils, impactant la compétitivité de ses smartphones sur le marché.

App Gallery, l’App store made in Huawei

“This is the start of an extraordinary new era for Huawei, for our industry, and for every user around the world.”, telles sont les mots de Weiliang Shi, président de Huawei France sur Linkedin. Accompagné au lancement du P40 (dernier modèle smartphone), Huawei dévoile le nouveau Huawei Mobile Services, avec inclus l’APP GALLERY, le catalogue d’applications de Huawei, l’alternative au Playstore.

Mais qu’offre ce nouveau store ? On y trouve une interface complète et sécurisée, avec un catalogue assez étoffé où on y retrouve Twitter, Booking ou encore Tiktok. Bien que la bibliothèque manque de certains indispensables pour les utilisateurs occidentaux comme Facebook, Youtube et Instagram. Des alternatives avec le clonage de téléphone ou le téléchargement de fichier .apk sont possibles sur les smartphones Huawei. Par ailleurs, une grande campagne de séduction a également été initiée pour encourager les développeurs à se laisser tenter par ce nouveau modèle. Mais son ouverture globale marque surtout une rupture significative avec les services Google.

Le 17 janvier 2020, Huawei a ainsi réussi à créer un substitut de « Google Maps », application qui restait la plus challengente à reconstituer. L’App Gallery pourrait à très court terme se montrer comme une alternative pertinente sur le marché.

QWant, une oppportunité pour l’Europe

Face aux nombreuses contraintes, Huawei se tourne vers le moteur de recherche français Qwant pour pallier au géant américain. Créé en 2011, Qwant est notamment utilisée dans les administrations françaises pour son essence respectueuse de la vie privée des internautes par la non collecte de données personnelles.

Quelles sont les bénéfices de ce partenariat ? Dans un premier temps, il profite à Huawei qui souhaite se positionner comme garant d’une sécurité dans le traitement des données des utilisateurs. D’un autre versant, cette collaboration permet à Qwant de bénéficier d’un regain face à la situation complexe qu’elle traversait et de gagner en visibilité.

Pendant que certains économistes s’inquiètent sur les dommages collatéraux que pourraient subir les pays externes au conflit économique sino-américain comme ceux de l’Europe. Cette querelle pourrait en revanche faire profiter d’autres acteurs longtemps caché dans l’ombre.

La fin de l’ère Android ?

L’excellence chinoise en matière d’équipement hardware n’est plus à prouver, toutefois la Chine cherche à compléter son expertise en terme de software. Les smartphones Huawei sont encore sous le système d’exploitation Android, une version en accès libre. Pourtant, la stratégie de Huawei serait de s’émanciper totalement de Google et d’entamer un passage à l’HarmonyOS, déjà disponible sur d’autres appareils.

Par conséquent, nous assisterons au développement d’un écosystème unique Made in Huawei, semblable à celui d’Apple, avec leurs propres hardware, software et OS.

Même si l’embargo finit par être éventuellement levé, un retour vers les Services Google n’est pas envisagé par la firme chinoise. Nous pouvons également imaginer une exportation et exploitation du modèle Huawei aux concurrents. A commencer pour les membres du Global Developer Service Alliance, entente née entre entreprises chinoises à la suite du conflit commercial sino-américain comptant à sa fondation Huawei, Oppo, Vivo et Xiaomi.

Un embargo qui s’est avéré profitable

Ces restrictions commerciales qui avaient pour but de contraindre et freiner l’expansion du géant chinois l’ont finalement défié. Huawei a entamé une intégration verticale de ses composantes pour s’émanciper du marché et de la chaîne de production américaine. Malgré ces obstacles et le changement de son mode de production et d’exploitation, la firme a enregistré 18% d’augmentation de son chiffre d’affaire en 2019 ainsi que la signature de plus de 60 contrats à travers le monde.

L’avenir reste encore incertain pour le deuxième plus grand producteur de smartphone au monde mais des questions persistent : Quand sera levé cet embargo ? La fin de la super puissance de Google dans le numérique est-elle encore inconcevable ?Source :

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