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Agriculture numérique : la troisième révolution verte

Aujourd’hui, après plusieurs décennies d’une logique intensive appliquée à la production agricole, une actualité alarmante annonce de prochaines années difficiles du point de vue alimentaire. Les nouvelles technologies du numérique sont appelées à la rescousse pour dessiner de nouveaux enjeux pour l’agriculture de demain et répondre à des questions cruciales : comment allier la satisfaction des besoins alimentaires et le respect de la planète ? L’agriculture intelligente connecte trois domaines technologiques :

  • Les systèmes de gestion de l’information ou l’exploitation des bases de données.
  • L’agriculture de précision et par là la réduction des impacts environnementaux.
  • La robotique et l’automatisation de l’agriculture.

On pourrait croire que ces technologies concernent seulement des exploitations de grande taille, mais au contraire elles s’adaptent à l’agriculture familiale et moins conventionnelle. D’une manière générale, le numérique transforme les relations internes à la chaîne de valeur : producteurs, agriculteurs, industriels du secteur et consommateurs. Le contact se trouve facilité par la mutualisation des données notamment.

L’utilisation des données au service de l’agriculture.

Comme toute économie à l’ère du numérique, l’agriculture est en transition de modèle. Le rapport Agriculture-Innovation 2025 appuie l’importance de la “data” pour le futur de l’agriculture. En effet, il est désormais possible d’exploiter des données telles que les prévisions météorologiques, la croissance des plantes ou le phénotypage des champs dans un but agricole. Cela se concrétise grâce à la mise en circulation de drones, à la robotique et aux analyses de réseaux. L’application de ces techniques vouée à la mise en place d’une agriculture intelligente, s’accompagne du respect des causes sociales et environnementales. Il s’agit de cultiver la terre de façon moderne et durable, et de connecter les différents acteurs du monde rural, tous concernés par cette logique de “big data”. Le risque ? Que ces données soient collectées par une minorité, la même qui capterait la majorité de la valeur ajoutée.
Aux Etats-Unis, entre 20% et 80% des agriculteurs ont mis en oeuvre une agriculture intelligente et espèrent une plus-value du point de vue managérial et décisionnel grâce à l’apport du numérique.

L’alliance de rigueur entre agriculture et écologie.

Aujourd’hui, agriculture et écologie doivent rimer, car il s’agit de s’adapter à un environnement en évolution souffrante tout en assurant une existence correcte aux populations locales. Grâce au rassemblement des données qui permet une meilleure connaissance du terrain, une culture respectueuse et réfléchie des terres sera favorisée. Le travail de l’agriculteur est rendu incertain à cause du changement climatique et des hasards économiques. La transition numérique est censée arranger et aplanir ces fluctuations, ou du moins accompagner au mieux les acteurs du secteur agricole. Pour ce faire, les TIC (technologies de l’information et de la communication) et la robotique sont mis au service de l’agriculteur pour gérer au mieux son exploitation.

Etude de cas : AgriNuma prendra place à Dakar du 28 au 30 avril 2019.

Organisé par le Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), AgriNuma est le premier rendez-vous du genre et se tiendra à Dakar (Sénégal) pendant le dernier week-end d’avril. Cet événement est soutenu par de nombreux acteurs du domaine : l’Inria (Institut national de recherche dédié aux sciences du numérique), l’université de Montpellier et la 9e Conférence sur la Recherche en Informatique et ses Applications, organisée par l’Association Sénégalaise des Chercheurs en Informatique.

AgriNuma est un symposium, autrement dit un congrès de spécialistes réfléchissant ensemble sur un thème scientifique. Ayant lieu à Dakar, AgriNuma sera un lieu de concentration sur les problématiques propres aux pays d’Afrique de l’Ouest, comme le Mali, Burkina Faso, Bénin, ou le Cameroun. Outre la présentation de différents travaux scientifiques, on pourra y trouver des ateliers et des tables rondes dédiés au débat : les recherches interdisciplinaires à mener, un partenariat public/privé entre les institutions et les acteurs du domaine, le relai numérique pour répondre aux demandes en termes de service et de conseil…

L’événement sera aussi l’occasion pour de nombreuses start-ups de valoriser leur action et leurs démarches dans le secteur de l’agro-alimentaire et du numérique. Autour du triptyque Recherche – Formation – Innovation, AgriNuma répond à deux enjeux importants :

  • La supervision d’une exploitation agricole grâce au numérique (irrigation, fertilisation, prévision de rendement, optimisation…).
  • La communication entre l’action publique et les acteurs privés grâce au numérique.

Au niveau local, il devient essentiel pour le continent africain de privilégier la consommation locale au lieu du modèle de l’import-export. Ainsi, les agriculteurs mettraient en place une production plus respectueuse de l’écologie. Il faut cependant prendre en compte les embûches potentielles : un accès inégal aux ressources, une mise en place disparate des équipements technologiques, un travail agricole mal rémunéré. La dimension culturelle est aussi à prendre en compte, au vu de la dévalorisation des produits locaux par les communautés urbaines. En Afrique, ce sont les paysans qui ont ces clés en main. C’est aussi à ces défis que AgriNuma s’attachera à répondre le 28 avril prochain.

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